Dans les premiers jours de juillet, une vague de chaleur intense a touché le Québec. Le 2 juillet dernier, Montréal a enregistré un record historique de chaleur, soit 36,6 degré Celsius. De plus, la canicule n’a pas touché seulement le Québec. Plusieurs records ont d’ailleurs été battus aux États-Unis, en Europe et au Moyen-Orient, particulièrement en Californie, en Écosse, en Irlande et en Arménie.

Selon une récente étude, actuellement 30% de l’humanité est exposée à des vagues de chaleur extrême qui peuvent être potentiellement mortelle pendant 20 jours ou plus par année. Si les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d’augmenter, 75% de la population mondiale risquera de mourir de chaleur en 2100. Les vagues de chaleurs meurtrières sont plus fréquentes que l’on pense et font des ravages sur plus de 60 régions dans le monde chaque année. (https://www.nationalgeographic.fr/)

En milieu urbain, la température peut atteindre plusieurs degrés de plus que la température moyenne dans les régions rurales. Elle peut même atteindre jusqu’à 10 degrés de différence. Ce phénomène se nomme les îlots de chaleur. En général, nous pouvons distinguer trois catégories d’îlot de chaleur :
1. La première catégorie est les îlots de chaleur à la surface du sol;
2. La deuxième est les îlots de chaleur de la canopée urbaine, c’est-à-dire l’air comprise entre le sol et la cime des arbres. Habituellement, cela se produit la nuit lorsque les surfaces du sol qui ont absorbées l’énergie solaire la libèrent;
3. Finalement, la troisième catégorie est celle de la couche limite urbaine. Cette couche d’air se situe au-dessus de la canopée urbaine.

Il y a plusieurs facteurs qui causent les ilots de chaleur, autant humain que naturel. L’absence de canopée végétale, la minéralisation non réfléchissante, des matériaux qui absorbent l’énergie solaire, etc. sont toutes des causent des îlots de chaleur. De plus, les activités industrielles, les transports et la climatisation sont des exemples de causes d’origine humaine qui influencent la présence d’îlot de chaleur. La morphologie des villes peuvent aussi avoir une incidence sur les îlots de chaleur selon la hauteur des bâtiments et la présence d’automobiles.

Dans la région de Montréal, on remarque une augmentation des îlots de chaleur depuis plusieurs années en raison de la densification et de la minéralisation qui réduisent les espaces verts. Cela réduit donc aussi les espaces de fraicheurs en ville.

Les îlots de chaleurs ont plusieurs conséquences, à la fois sur le plan environnemental et sur la santé humaine. Au niveau environnemental, les îlots de chaleur contribuent à l’apparition du smog et réduit la qualité de l’air intérieur, ce qui favorise l’apparition de moisissure, la multiplication de bactéries, ainsi que la libération de substances toxiques présents dans les matériaux de construction. De plus, lors des périodes de chaleur intense, la demande en énergie et en eau est plus élevée, ce qui a des conséquences assez importantes sur l’environnement.

Les îlots de chaleur peuvent avoir des répercutions assez grave sur la santé de la population entrainant même la mort. Une partie de la population est plus vulnérable à souffrir de la chaleur, par exemple les aînées, les petits enfants, les personnes isolées, etc. La chaleur peut causer des faiblesses et des inconforts, des coups de chaleurs et même aggraver l’état des personnes atteintes d’une maladie chronique.

Afin d’éviter les îlots de chaleur, de nombreuses solutions s’offrent à nous. Sans surprise, en verdissant les espaces publics et les endroits minéralisés, cela prévient les îlots de chaleur tout en bénéficiant des avantages environnementaux pour la ville. Les toits de couleur blanc ou végétalisés, les murs verts, le verdissement des stationnements, etc. sont quelques exemples pour limiter les surfaces asphaltés qui favorisent les îlots de chaleur. De plus, une autre solution est d’avoir une meilleure gestion de l’eau en ville, c’est-à-dire de l’utiliser pour d’autres fonctions plutôt que de l’envoyer directement dans les égouts. L’installation de fontaines permet ainsi de rafraichir l’environnement, en plus de créer un espace agréable pour la population.

En somme, les changements climatiques perturbent la planète entière, notamment avec la venue de vagues de chaleur extrême et mortelle de plus en plus fréquents. En ville, la température peut être beaucoup plus élevée qu’en région rurale en raison des îlots de chaleur, généralement causé par les grandes surfaces minéralisées et le manque d’espaces verts. Cela peut avoir plusieurs impacts environnementaux et sur la santé humaine. Heureusement, plusieurs solutions existent et à Montréal, plusieurs initiatives ont vu le jour. Le cas des ruelles vertes est un bel exemple de verdissement et d’implication de la population.

Audrey-Anne Lamarche (patrouille verte)

https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/988_MesuresIlotsChaleur.pdf
http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/ARROND_RPP_FR/MEDIA/DOCUMENTS/PDF-ILOTS.PDF
https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/988_MesuresIlotsChaleur.pdf
http://collectivitesviables.org/articles/ilots-de-chaleur-urbains.aspx#des-exemples-montrelais-15