Le 12 novembre 2019, la mairesse de Montréal Valérie Plante a inauguré le nouveau centre de tri de Montréal, situé à Lachine. Il a coûté 47 millions de dollars à construire et coûtera 3,5 millions de dollars à gérer sur cinq ans. Le complexe traite maintenant 58% des matières récupérables de la région de Montréal, la plupart desquelles étaient auparavant triées par le Complexe environnemental de Saint-Michel, qui reste fonctionnel pour le moment.

Le centre de tri Lachine devrait traiter jusqu’à 100 000 tonnes de matières recyclables par année grâce à une technologie de pointe qui en fait le centre le plus moderne de tout le Québec. Une grande proportion de la machinerie, dont plusieurs séparateurs optiques, séparateurs magnétiques et souffleurs, a été conçue et fabriquée dans la province. Ces technologies sont extrêmement automatisées et soumettent les matériaux à davantage d’étapes de tri afin d’obtenir des matériaux finaux d’une plus grande pureté. La mairesse espère qu’il sera plus facile de trouver des marchés pour ces matériaux d’une haute qualité.

À l’origine, le complexe était géré par Rebuts Solides Canadiens (RSC), une entreprise privée. Malheureusement, le 3 février 2020, RSC s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. La ville a dû réagir rapidement pour éviter une interruption des services du centre. RECYQ-QUÉBEC et le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ont prêté 7 millions de dollars à l’entreprise à titre de solution temporaire.

Le centre de tri du Saguenay, qui était également exploité par RSC, a décidé au début du mois de mai d’employer la Société VIA pour gérer ses installations. En juin, la ville de Montréal a embauché la Société VIA pour gérer le centre de Lachine pour les 10 prochaines années avec un contrat pouvant atteindre 59,6 millions de dollars. Cela comprend non seulement le tri des matériaux reçus, mais aussi l’entretien et l’amélioration technologique des installations pendant toute la durée du contrat. Le contrat comprend également des objectifs visant à maintenir la qualité des fibres (papier), du métal et du verre et du plastique à un niveau accepté par les acheteurs locaux.

La Société VIA devrait également partager toutes les informations pertinentes sur le tri et la revente des matières recyclables avec la ville afin d’assurer que les opérations soient conformes aux objectifs de développement durable de la ville. Ce contrat reste conditionnel à la résiliation du contrat précédent avec RSC.

Malgré la crise actuelle du recyclage, la Société VIA a réussi à gérer avec succès quatre centres de tri de la province. Il s’agit d’un organisme sans but lucratif d’économie sociale et d’intégration, établie au Québec en 1977, qui favorise l’embauche de travailleurs ayant un handicap ou des limitations fonctionnelles. D’ailleurs, dans son contrat avec la ville, l’organisme s’engage à maintenir un effectif composé à 60% d’employés avec des limitations fonctionnelles.

Auteure: Léa Gauvin, membre de la patrouille verte