En prenant l’autobus jaune jusqu’au site d’enfouissement Lachenaie, je libérais mon stockage iPhone pour prendre des photos de cette zone accablante qui a été submergée par les ordures de Montréal. J’étais ravie d’exposer la vraie nature des résidents et des entreprises de Montréal et de, plus ou moins, « faire honte » aux gens de notre ville sur les réseaux sociaux. Malheureusement, je n’ai pas eu cette chance. Le titre du site implique tous les aspects de ses installations: solutions de déchets progressifs. Le site d’enfouissement Lachenaie verrouille les déchets non dangereux en argile comme des voûtes souterraines et seules les ordures dans un site ordinaire remplissent moins de la moitié d’un terrain de soccer. J’ai eu du mal à comprendre que presque 600 camions déchargent les ordures sur le site chaque jour, cinq jours par semaine. Le paysage du site se compose de champs vallonnés. C’est là que sont envoyées les ordures.

 

Comment ça marche

Lorsque les poubelles atteignent une hauteur de 3 mètres, elles sont ensuite compactées et mélangées avec un mixte de pièces de voitures recyclées, de terre et surmontées d’argile. C’est ce qui se trouve sous le champ de gazon. Au-dessous des tas d’ordures se trouvent des tuyaux qui siphonnent le «jus de poubelle». Ce liquide est traité dans une série d’étangs et est ensuite envoyé à une usine locale de traitement des eaux usées.

 

André Chulak, responsable des programmes de communications et d’éducation pour le site, a expliqué pourquoi il est si important d’éliminer correctement les déchets dangereux. « Si ces matériaux sont présents dans les ordures de la décharge, il va certainement s’infiltrer dans l’environnement ». Des exemples de déchets dangereux sont des batteries, des rodenticides, des produits électroniques ou des produits chimiques. Tous ces matériaux peuvent être éliminés dans votre éco-centre local.

 

Énergie renouvelable

Un autre aspect condamnable de la décharge de Lachenaie est qu’ils génèrent des énergies renouvelables à partir des ordures. Le biogaz est formé par la dégradation de la matière organique lors de l’absence d’oxygène et est ensuite capturé dans plusieurs puits qui se trouvent sur l’ensemble du site. 25% des gaz sont ramenés dans le réseau électrique d’Hydro Québec et alimentent environ 2 000 logements!

 

La gestion des déchets

Malgré toute l’innovation que les solutions progressives de déchets fournissent, André souligne que 75% des ordures que le site reçoit ont pu être recyclées ou compostées. L’enfouissement de Lachenaie est estimé à atteindre sa capacité maximale en moins d’une décennie. Le site m’a fait penser à la façon dont une grande partie de la population traite des problèmes environnementaux: hors de vue, hors d’esprit. En tant que Montréalais, nous vivons dans une latitude confortable qui sera encore plus plaisante avec la progression du changement climatique. Bien que cela ne signifie pas que d’autres régions du monde font face à la sécheresse et à l’élévation du niveau de la mer. De même, juste parce que nous ne voyons pas les ordures dans le site de Lachenaie, cela ne veut pas dire qu’elles ne s’accumulent pas constamment et que par la suite, elles n’affectent pas les futurs cours d’eau et les écosystèmes. Par conséquent, nous devons continuer à être vigilants en ce qui concerne la réduction de nos déchets et sur la façon dont nous exposons nos déchets. Le classique Réduire, Réutiliser, Recycler est toujours l’une des déclarations les plus puissantes en ce qui concerne la protection de notre environnement.

 

 

Par Stéphanie Rochemont

Patrouille Verte, Éco-quartier NDG